Le mot du moment

carmet Il y a des globules rouges, il y a des globules blancs, peut-être qu'il y a aussi des globules rosés ?

Jean Carmet

 


Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 07:30

Annick Bruder (dir.) : L’âme du vin chante dans les bouteilles.

 

La prochaine édition des vendredis du vin étant consacrée, une fois n’est pas coutume, à l’ivresse procurée par le flacon plutôt que du contenu, c’est l’occasion de nous pencher plus avant sur les contenants du vin. Ce livre, du même titre que l’exposition dont il fut le catalogue, est certainement l’un des meilleurs pour en faire le tour de l’amphore, du tonneau, de la bouteille, du verre et finalement de la question. Un tour en quatre grandes étapes permettant d’explorer tant l’évolution de ces contenants (de l’amphore à la bouteille) que de leurs usages (mesurer, se désaltérer, gouter, contribuer aux rituels sacrés ou profanes, …), reflets de l’évolution des sociétés occidentales.

 

L’histoire commence, comme c’est souvent le cas avec le vin, chez les grecs et les romains, qui privilégient l’amphore pour la conservation et le transport du vin, mais font également usage de très fine vaisselle pour son service. L’amphore cède néanmoins progressivement le pas au tonneau, qui s’impose dès le début de notre ère pour conserver un quasi-monopole pour le transport du vin jusqu’à 18ème siècle. Là entre en scène la bouteille en verre sombre, son avancée s’accélérant dès le problème du bouchage réglé, le liège n’ayant pas été immédiatement

 

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Bouteille, faïence de Nevers, XVIIIème siècle,

Musée National de Céramique de Sèvres.


Au fil des pages, l’on voit comment l’évolution des usages et l’évolution des contenants s’alimentent réciproquement. Que ce soit pour le détailler lors de sa vente sur les marchés, le goûter avant l’achat, le servir à la taverne ou à la table, l’utiliser dans les rites religieux ou pour marquer des moments importants, le vin est à l’origine d’objets nombreux et variés. Objets du quotidien, objets prestigieux, parfois réelles œuvres d’art, ils sont souvent emblématique de notre civilisation. Au total, quelques 400 pièces issues de très nombreuses collections publiques et privées, françaises et étrangères, étaient exposées, dont plus de 300 sont reproduites ici.

 

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L’âme du vin chante dans les bouteilles. Textes en français et en anglais, d’une vingtaine d’auteurs coordonnés par Annick Bruder. 248 pages. Coédition Somogy / Musée d’Aquitaine. 2009. 32 €.

 

L’exposition « L’âme du vin chante dans les bouteilles » s’est tenue l'an dernier, du 20 juin au 20 octobre 2009, au Musée d’Aquitaine à Bordeaux. Plus d’infos sur le site cepdivin.org.


 

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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /2010 22:20

L’association pour l'inscription des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l'UNESCO a organisé une superbe exposition de photographie. Pas de panique si vous l’avez manquée cet été à Dijon, elle sera remontée très prochainement à Beaune, avant d'être visible au Clos de Vougeot et à Nuits-St-Georges.

 

Plus de 100 images y seront exposées, prises par trois photographes qui ont chacun, du fait de leur parcours, une connaissance intime de la Bourgogne viticole. Jean-Louis Bernuy, né et œuvrant à Nuits-Saint-Georges, est spécialisé dans le monde du vin. Photographe officiel de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin depuis 20 ans, il réalise des images au fondu délicat. Michel Joly, autodidacte et globe-trotter, collabore à de nombreux magazines pour lesquels il réalise des portraits souvent très attachants. Artiste et œnologue, Armelle échafaude des compositions très soignées, où chaque image compte autant que le tout, dans une dialectique micro-macro saisissante.

 

 

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Photomontage : Armelle.

 

Si la démarche de l’association, soutenue par l’Etat Français, abouti, les climats de Bourgogne seront inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ils rejoindront ainsi d’autres régions viticoles en Europe, comme le vignoble en terrasses de Lavaux, les Cinque Terre, l’île volcanique de Pico dans les Açores, la vallée du Haut-Rhin moyen, la région du Neusiedler See, celle du Haut-Douro, celle de Tokaj, ou en France le val de Loire et la juridiction de Saint-Emilion. Soit aujourd’hui 9 sites sur les 911 constituant le patrimoine culturel et naturel que le Comité du patrimoine mondial considère comme ayant une valeur universelle exceptionnelle.

 

Exposition du 1er septembre au 14 novembre, à l’Hôtel-Dieu à Beaune. De nombreux autres rendez-vous, dont des conférences prestigieuses, sont également organisés. La prochaine sera donnée par Bernard Pivot le 3 octobre à l’Athenaeum à Beaune, sur le thème des mots et du vin. Plus d’informations sur www.climats-bourgogne.com.

 

 

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Samedi 31 juillet 2010 6 31 /07 /2010 13:18

vdvlogo.pngC'est un petit val qui mousse de rayons... Pour cette 28ème édition des vendredis du vin, le thème retenu par notre monomaniaque préféré (tout le monde aura reconnu Patrick…) est bien de saison : l’œnotourisme. J’ai choisi de vous relater mon passage au domaine Val Joanis, où le hasard avait conduit mes pas voici cinq ans. Ma fille participait à une randonnée équestre avec le club de Pertuis, nous avions donc une petite journée à passer à proximité, mon épouse et moi. Comme je m’enquis d’un domaine à visiter, on me conseilla Val Joanis, à la sortie du bourg, sur la route de Villelaure.

 

Impossible de le manquer, le chemin est en effet balisé par de larges panneaux. Il fallut cependant faire plusieurs kilomètres d’une route bien chaotique, avant de découvrir un magnifique domaine composé d’une bastide du 18ème Siècle et de dépendances plus modernes, mais construites dans le respect de l’harmonie des lieux. L’accueil par un concert de cigales fut des plus charmants. Je devais cependant un peu déchanter en pénétrant dans le bâtiment, puisque le visiteur passe par une boutique proposant d’innombrables objets autour du vin et … du jardinage (j’allais bientôt découvrir pourquoi). « Piège à touriste » fut ma première pensée. Mais puisque nous étions là de notre plein gré et qu’une dégustation nous était proposée par une charmante étudiante au délicieux accent anglais, je n’allais pas m’enfuir !

 

Bien m’en pris. Je n’ai pas de souvenir précis des rosés et des blancs du domaine, seulement de leur richesse aromatique dénuée de toute lourdeur, des vins fruités et très équilibrés. J’ai craqué pour un Viognier 2004, issu d’une sélection parcellaire et classé en vin de pays, aux très délicats arômes fumés, mêlant fruits blancs et fleurs d’acacias. Un vin que je servais généralement en apéritif et qui a toujours enthousiasmé mes convives. Trois vins étaient proposés en rouge (Syrah majoritaire, avec un peu de Grenache), à l'époque en AOC Côtes du Lubéron, aujourd'hui AOC Lubéron. La cuvée générique 2003, aux puissants arômes de cassis, mais un peu trop marquée par le bois et la chaleur du millésime. La réserve « les Griottes » 2001, à la robe très dense, m’a réellement emballé. Le nez offrait un chaleureux bouquet de fruits rouges, d’olives noires et de garrigue. La bouche était très ronde, gourmande, le vin suave tout en se montrant structuré, bref un superbe équilibre que l’on trouve peu dans cette région. Plus puissant, et à nouveau avec une sensation alcooleuse un peu trop forte, la « Réserve du chanoine Trouillet » m’a à nouveau moins plu.

 

Nous avons également eu des informations sur le travail (titanesque) réalisé par Jean-Louis Chancel (frère de Jacques Chancel) depuis la fin des années 70 pour faire revivre le domaine : une histoire largement décrite sur le site Internet du domaine. Nous sommes également attardés dans le superbe jardin créé de toutes pièces par Cécile Chancel. Un jardin qui s’articule en trois terrasses construites avec les pierres d'un ancien bassin romain et protégeant légumes, roses, iris du mistral. On y trouve notamment une rangée de platanes rapportés du Mont Athos, et une impressionnante tonnelle, créée à partir d'un couloir à autruche du 19ème Siècle. Un jardin aujourd’hui classé, qui vaut à lui seul le détour.

 

Pas de photos des bouteilles achetées, il ne m’en reste malheureusement plus, car bien qu’ayant un bon potentiel de garde, la gourmandise a depuis eu raison de ma caisse de « Griottes ». Ce pourrait être une bonne raison pour y retourner prochainement…


 

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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /2010 11:42

Alain Huetz de Lemps : Les vins d'Espagne.

 

On boit le vin du vainqueur, le vin du puissant, pour reprendre la thèse défendue (entre autres) par Raymond Dumay dans La mort du vin, que la guerre ait été militaire ou économique, et je rajouterai footballistique. L’Espagne, dont la victoire au Mundial fut fort méritée, n’en déplaise à quelques bataves chagrins ou à une poignée de grévistes de pacotille, est également un grand pays viti-vinicole. Grand par la taille de son vignoble, qui est le premier au monde avec plus de 1,2 million d’hectares plantés (avec cependant une quantité produite moindre que celles de la France ou de l’Italie). Grand par son histoire qui remonte à l’Antiquité et la diversité de ses régions. Mais également grand par la qualité de bon nombre de vignerons qui figurent parmi l’élite mondiale. Pourtant, comme je faisais déjà le constat en voulant écrire sur les vins sud-africains, les livres en français traitant du vin espagnol ne sont pas légions, en-dehors des chapitres qui leur sont consacrés au sein de divers atlas et guides, je n’en ai trouvé qu’un !

 

Cependant, la qualité étant plus importante que la quantité, on ne peut qu’être comblé à la lecture des Vins d’ Espagne d’Alain Huetz de Lemps. C’est à lui seul une véritable encyclopédie sur les vins ibériques. La première partie en détaille l’histoire, de l’importation de la vigne sur la péninsule par les Romains jusqu’à nos jours. La seconde passe en revue toutes les régions et leurs caractéristiques (sols, cépages, conduite de la vigne, techniques de vinification, ...), mettant en valeur l’immense diversité des vins que l’Espagne peut offrir. La troisième clôt le livre par des chapitres consacrés à l’économie et à la sociologie du vin en Espagne, qui ont fortement évolué ces dernières années. Publié initialement voici presque 20 ans, sous le titre Vignobles et vins d’Espagne (avec une centaine de pages de moins), une réédition actualisée s’imposait, tant ce pays a connu d’évolutions depuis. Des évolutions qui peuvent parfois avoir un goût un peu amer, comme en témoigne le chapitre qu’Alice Feiring consacre à la Rioja dans son dernier livre. La concurrence acharnée avec les vins du Nouveau Monde conduit en effet de nombreux producteurs à aligner le style de leurs vins sur ceux de ces concurrents. Les vins d’Espagne n’est pas un livre très richement illustré, un petit bémol alors que le pays offre tant de magnifiques paysages viticoles, sa lecture n’en est pas moins agréable, tant son contenu est riche et instructif. Un must pour tous les amateurs de vins espagnols.

 

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Les vins d'Espagne. Alain Huetz de Lemps. 552 pages. Presses Universitaires de Bordeaux, collection Grappes & Milésimes. 2008 (première édition : 1993). 39 €.

 


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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /2010 08:14

mudacLes collaborations entre les designers et le monde du vin sont nombreuses. Mais malgré leur très grande qualité en général (cf. par exemple le travail fait par des artistes pour les champagnes Taittinger), elles se limitent le plus souvent aux étiquettes, au packaging et aux objets du vin. Il s’agit globalement de mieux mettre en valeur le vin et son service (décanteurs, sceaux à glace, verres, …). Bien peu de collaborations vont au-delà et proposent à l’artiste de réinterpréter le monde du vin. C’est ce qu’a fait la designer Matali Crasset, en collaboration avec la galeriste Nadine Gandy, en s’intéressant plus particulièrement à la bouteille, ses formes et ses fonctions.

 

Le résultat est surprenant, tant par son aspect formel que symbolique. Les objets en verre et les estampes sont en effet d’une grande pureté. La simplicité des lignes et la sobriété des tons rappellent la dimension sacrée du vin, tout en gardant une distance humoristique. Car si le vin est affaire sérieuse, et même la plus sérieuse ici-bas pour Voltaire, il est aussi vecteur de convivialité, d’émotions et de plaisir. C’est l’ensemble de ces dimensions qu’explore Matali Crasset, dans une approche à la fois décalée et paradoxalement profondément ancrée dans la tradition. Ce qu’elle explique : « l’homme est expansif dans l’ivresse, la vérité, qu’il ne dirait pas à jeun, lui échappe. Mais le vin est à son image et lui non plus ne saurait tricher. Je m’intéresse au vin naturel depuis quelques années. En me documentant sur ce sujet, j’ai été ainsi troublé de découvrir que Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, était aussi celui qui a posé les principes de l’agriculture biodynamique. Le savoir, la transmission et les cultures sont intimement liés. »

 

 

Teaser par Mandarine Films Marc Devaud

 

 

Présentée à Paris au printemps 2009, l’exposition In vino veritas est visible depuis le 21 avril et jusqu’au 10 octobre 2010 au MUDAC, Musée de design et d'arts appliqués contemporains, à Lausanne. Elle sera ensuite montée en Europe centrale et en Italie, toujours dans des régions viticoles.

 


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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 06:48

Thierry Morvan : Le vin – le connaître, le choisir, l’apprécier.

 

A priori, l’équation semble insoluble : trouver un livre d’initiation au vin qui soit simple sans être simpliste, complet tout en restant accessible au néophyte, et pas cher par-dessus le marché !!! Thierry Morvan, journaliste spécialisé dans le vin et la gastronomie, y est parvenu avec Le Vin : le connaître, le choisir, l'apprécier, qui s’inscrit dans la collection Toutes les clés. Et des clés, il en distribue généreusement. Chaque chapitre permet en effet d’ouvrir les portes de cet univers extrêmement riche. Les premiers chapitrent explorent la compréhension générale du vin (cépages, terroirs, millésimes, …), son choix et son achat, son service et sa dégustation, ainsi que son histoire de l’Antiquité à nos jours. Les trois chapitres suivants permettent de découvrir les vins de France (15 régions avec des cartes, un historique, les principales caractéristiques, …), d'Europe et du Nouveau Monde.

 

Et tout ça ne serait pas complexe ? Non, car malgré la richesse du contenu, Thierry Morvan a su rester toujours très accessible, très pédagogique, dans son propos. La mise en page sobre (pas de photos, ce qui permet également de maintenir un prix très bas pour un livre de cette taille) mais pas austère facilite également la lecture et l’orientation. Des petites rubriques (zoom, le mot savant, la petite histoire, en savoir plus) ainsi qu’un résumé de chaque chapitre permettent d’approfondir et de consolider ses connaissances. Car si le néophyte sera largement comblé, l’amateur déjà plus chevronné trouvera aussi de quoi étancher sa soif de savoir.



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Le vin – le connaître, le choisir, l’apprécier. Thierry Morvan. 286 pages. Editions Hachette Pratique, collection Toutes les clés. 2010. 14,90 €.

 

 

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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /2010 22:36

crusclassesmedoc.jpgVoilà plus de trois ans qu’Eric Bernardin, professionnel du vin, et Pierre Le Hong, graphiste, travaillent à la rédaction et à l’illustration d’un livre sur les Crus Classés du Médoc. Le livre paraîtra à la rentrée, mais ses auteurs nous en offrent un avant-goût depuis quelques mois. Ils nous montrent en effet les coulisses de sa patiente réalisation sur leur blog : Une aventure médocaine. Très curieux, j’ai pris contact avec Eric, qui a eu la gentillesse de répondre à ma foultitude questions…

 

Certains livres proposent des prolongements sur Internet. Il est par contre assez rare que les auteurs partagent la phase de création avec leurs lecteurs. Qu’est-ce qui vous en a donné l’idée ?

On pourrait croire que c'est le blogueur que je suis qui y a pensé en premier. Eh bien non, c'est Pierre qui dès 2007 a suggéré que l'on démarre un blog sur notre aventure environ 6 mois avant la sortie du livre. J'étais bien sûr chargé de sa création et de sa mise en ligne ;-)

Et c'est exactement ce qu'il s'est passé. Courant mars 2010, je me suis penché sur le « look » du blog, m'inspirant de la couverture du livre réalisée par Pierre. Le projet a été de suite accepté par celui-ci, mais aussi Sud-Ouest, qui a accepté de jouer le jeu.

Le 24 mars, le premier billet de Pierre paraissait, marquant le début de notre making-of...

 

Il y a déjà beaucoup de livres qui abordent le Médoc et ses Crus Classés. Qu’est-ce qui, en-dehors du partage de la phase de rédaction, différencie le vôtre ?

La grosse différence, c'est que c'est un graphiste qui est à l'initiative du projet, avant tout visuel et didactique. Les infographies permettent de voir des bâtiments en coupe et en 3D, avec même parfois les employés qui trient les raisins et les mettent en cuve ! Nous publions aussi les cartes pédologiques des différents domaines, toujours tenues secrètes jusqu'à maintenant. Elles sont aussi en 3D : les reliefs permettent de beaucoup mieux comprendre pourquoi l'on passe par exemple d'un peyrosol à un colluviosol (il y a un lexique en fin d'ouvrage, je vous rassure...).

En complément de ces cartes, nous avons fait des dégustations parcellaires pour permettre au lecteur de voir l'impact d'un terroir sur un cépage donné.

L'ouvrage donne aussi la parole aux responsables techniques (maître de chai, chef de culture, régisseur) qui sont rarement mis en lumières dans les autres livres consacrés au Médoc, et permet aux lecteurs de voir les personnes qui sont derrière ces vins mythiques.

Nous proposons aussi trois entretiens avec Anthony Barton, Jean-Michel Cazes et Christian Seely. Ils apportent une vision intéressante du Médoc d'hier et d'aujourd'hui, mais aussi une respiration dans un ouvrage dense en informations.

Nous avons également demandé à deux géologues, reconnus dans la région pour leurs travaux, d'expliquer en 4 pages l'histoire géologique du Médoc, illustrée par une carte et des schémas.

Et encore plein d'autres choses (le climat, la véritable histoire des 3 Léoville...).

 

Palmer

Le "village Palmer", le château comme vous ne l'aviez peut-être jamais vu.

Photo du blog Une aventure médocaine.


Vous avez visité beaucoup de châteaux. Quel accueil vous ont réservé leurs propriétaires ?

Il y a eu trois cas de figure : soit c'est la première personne que nous avons rencontrée (Jean-Michel Cazes, Anthony Barton, Caroline Frey, Bruno-Eugène Borie, Didier Cuvelier, Jean-Hubert Delon), soit nous l'avons rencontré lorsque nous avons « rendu notre copie » au domaine (Alfred Tesseron), soit nous n'avons rencontré que le directeur du domaine (Giscours, Margaux, Beychevelle, Gruaud-Larose, Palmer, Pichon-Longueville, Pichon-Lalande, Lafite, Cos d'Estournel, Montrose...).

Il y a eu même un quatrième cas : Latour, où nous n'avons rencontré que les responsables techniques.

Beaucoup de nos interlocuteurs s'attendaient dans un premier temps à être sollicités financièrement. Il faut croire que cela se passe souvent ainsi. Lorsqu'ils apprenaient que leur participation ne leur coûterait rien, on sentait qu'ils étaient soulagés, et du coup, plus ouverts à une collaboration. Ils nous mettaient alors en relation avec les différents responsables techniques pour des rendez-vous ultérieurs. C'est aussi à ce moment-là que nous leur demandions s'il y avait la possibilité de faire une dégustation parcellaire. Dans la majorité des cas, ils ont accepté.

Rajoutons qu'au départ, nous pouvions sentir qu'ils se demandaient qui étaient ces deux zigues assis dans leur bureau. Et puis, les entretiens avec les responsables techniques se passant bien, leurs retours étant positifs, nous avons commencé à sentir un respect de la part des propriétaires ou des directeurs. Aussi, lors du dernier entretien que nous avions avec eux, où nous leur montrions le chapitre concernant leur domaine, nous n'avions en général que des compliments sur notre travail, et une invitation à revenir quand nous le souhaitions.

 

Qu’est ce qui vous a le plus marqué dans cette aventure médocaine ?

Pontet-Canet, bien sûr, qui suit une voie tellement différente des autres, avec la réussite que l'on connaît. Le plus impressionnant n'étant pas ce qui se passe dans les vignes et dans le chai, mais ce duo que forment Jean-Michel Comme et Alfred Tesseron. La confiance qu'ils s'accordent mutuellement permet de soulever les montagnes. Nous n'avons rencontré Alfred Tesseron qu'une fois notre chapitre terminé, mais notre entrevue, suivie d'un repas au château, fut mémorable.

Un autre grand moment fut la dégustation parcellaire au Château Margaux avec Paul Pontallier. Nous l'avons raconté sur notre blog, avec des extraits audio. C'était notre deuxième rencontre avec le directeur du domaine. La première avait été un peu froide, réservée. Et là, la magie de la dégustation a opéré : un dialogue s'est instauré. Paul Pontallier est devenu lyrique en parlant de ses vins. Et a apparemment apprécié ce que nous pouvions en dire : nous ne sommes retournés que 3 mois plus tard pour parler viticulture et terroirs. Et en nous serrant la main, chaleureusement, il nous dit « j'ai beaucoup aimé la dégustation que nous avons fait ensemble la dernière fois ». Faut dire ce qui est : ça ne laisse pas indifférent.

Et puis bien sûr, le dernier grand moment fut un e-mail, ouvert à 22h35 après une journée bien chargée. Quelques mots de Hugh Johnson, accompagné d'un fichier joint : « Cher ami, voici quelques mots pour préfacer votre œuvre admirable ». Déjà, ces quelques mots sont « hénaurme » pour le petit amateur que je suis. Mais lorsque j'ai ouvert le fichier joint, j'ai failli tomber de ma chaise: cette préface était dithyrambique !

Sans parler du fait que cette préface devrait nous aider pour la commercialisation de ce livre, en France et encore plus à l'étranger, la reconnaissance de Hugh Johnson est un cadeau inestimable. Elle nous donne le sentiment d'avoir réussi ce que nous avions prévu de faire : un livre à la fois simple dans la démarche et complet dans explications, qui offre une visite virtuelle du Médoc.

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Le chai de Léoville Poyferré. Dans l'intimité des Crus Classés...

Photo du blog Une aventure médocaine.

 

Vous avez été au cœur de la campagne des primeurs 2009, un millésime que vous avez vu grandir « de l’intérieur ». Quel est votre avis sur ce millésime et sur cette campagne ?

Nous avons pu être au cœur de ce millésime dès les vendanges, où nous voyions alors l'enthousiasme des responsables techniques. Ils n'avaient jamais vu ça ! Certains en pleuraient presque... Puis nous avons fait des dégustations parcellaires en novembre et décembre. Et c'était tout simplement magnifique : riche et équilibré, avec toutes les nuances que peuvent apporter chaque terroir.

Nous avons ensuite dégustés les vins assemblés entre avril et juin, avec des vins à un niveau rare (Margaux, Las Cases, Pontet-Canet, Lafite...). Je mesure toute la chance d'avoir bu ces vins à ces différents stades, car je n'ai absolument pas les moyens de m'en offrir. Sauf si le livre marche du tonnerre de dieu ! Et encore, même si j'avais les moyens, je ne pense pas que j'investirais dans ces crus, car les prix me semblent totalement disproportionnés.

Il faut souligner tout de même de l'hétérogénéité du millésime. Il fallait avoir des sols qui retiennent l'eau et la restituent progressivement pour éviter des blocages de maturité. A l'inverse, certains ont vendangé trop tard des raisins sur-mûris. Prudence, donc.

 

Vous abordez la climatologie dans votre livre. Pensez-vous que l’évolution climatique des prochaines années aura des répercussions importantes sur la viticulture ? Comment les châteaux bordelais s’y préparent-ils ?

L'impact déjà visible est qu'il y a de plus en plus de bons millésimes, où le Cabernet Sauvignon et le Petit Verdot sont parfaitement mûrs (ce qui était loin d'être le cas auparavant). Nous sommes plus dans une phase où les propriétés apprécient les avantages de cette évolution climatique plutôt que ses inconvénients. Mais je sais que l'Enita (Ecole nationale d'ingénieurs des travaux agricoles de Bordeaux) et d'autres instituts de recherche sur Bordeaux travaillent sur la question...

 

Si j’ai bien lu vos derniers posts, le livre est achevé et l’impression devrait être lancée très prochainement. Est-ce la fin ou le début de l’aventure ?

Nous en parlions l'autre jour au téléphone, et étions d'accord de dire que c'était la fin d'une aventure … et le début d'une autre, totalement différente. Après avoir parcouru le Médoc en long, en large et en travers, discuté des centaines d'heures, pris des milliers de photos, il va falloir expliquer aux média que ça intéresse notre démarche, en quoi notre livre est différent... J'espère avoir le temps de participer à des « signatures » car j'aimerais bien échanger avec des amateurs de vin.

 

terrasses.jpg

Représentation 3D des "terrasses" qui forment les fameuses croupes du Médoc.

Image du livre, présentée sur le blog Une aventure médocaine.

 

L’aventure médocaine continuera-t-elle sur votre blog ?

Nous y raconterons certainement nos rencontres d'un autre type, ferons une « revue de presse », mais sera sûrement moins régulier et fourni qu'actuellement. En tout état de cause, nous ne le fermerons pas, car l'adresse du blog est dans le livre.

 

Etes-vous tentés pour faire un travail équivalent dans une autre région ?

Je sais que notre éditeur commence à songer à Saint-Emilion. Il y a effectivement de la « matière » sur cette appellation : jolis chais, terroirs variés, une histoire vieille de deux millénaires. Il y a de quoi faire ;-)

 

Merci Eric. Vivement la rentrée, plus exactement le 25 août, date de sortie du livre « Crus Classés du Médoc », que j’ai vraiment hâte de lire.

 


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Alors que les enjeux du réchauffement climatique sont clairement établis, Direct Energie projette la construction de deux centrales électriques au gaz, sources d'importantes nuisances, notamment de gaz à effets de serre. Ces deux projets, qui ne sont pas destinés à remplacer des centrales thermiques au charbon, sont fortement contestés, à Verberie dans l'Oise et à Hambach en Moselle.
hambachDans les deux cas, ils visent à s'installer sur des terrains vierges de ce type d'équipement, au mépris de la population locale (conseils municipaux opposés, associations opposées, enquête publique avec avis négatif, pétitions, manifestations, ...) et avec des arguments (chantage à l'emploi, à la taxe professionnelle, ...) qui ne tiennent pas la route.
Informez vous sur : le projet de Verberie ; le projet de Hambach.

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