Le mot du moment
Il y a des globules rouges, il y a des globules blancs, peut-être qu'il y
a aussi des globules rosés ?
Jean Carmet
Il y a des globules rouges, il y a des globules blancs, peut-être qu'il y
a aussi des globules rosés ?
Jean Carmet
Laurent Bourdon : Chabrol se met à table.
Le plus hitchcockien de nos réalisateurs, Claude Chabrol, fête aujourd’hui même ses 80 ans. De nombreuses chaînes de télévision lui rendent hommage, dont Arte qui diffuse plusieurs de ses films à cette occasion. Betty, avec une Marie Trintignant autodestructrice, vient clôturer ce cycle ce soir. En plus de 50 ans de carrière et près de 60 long-métrages, Claude Chabrol a déroulé une œuvre personnelle et cohérente, et cela dès ses tous premiers films. L’ambiance « chabroliennne » se reconnait entre mille, avec son atmosphère pesante, faite de non-dits et d’hypocrisie, dans laquelle se meut péniblement toute une petite bourgeoisie provinciale. Mais que l’on ne taxe pas Chabrol de parisianisme, lui-même a vécu une partie de son enfance dans un bourg creusois, Sardent, où il découvrira le cinéma et tournera plus tard Le Beau Serge.
« C’est tout simple : si les personnages
de mes films ne mangent pas, ils meurent ! »
Le regard souvent froid et féroce que Claude Chabrol porte sur ses contemporains ne doit pas non plus nous faire oublier qu’il est à la ville un bon vivant. Laurent Bourdon a su le mettre à table et concocter cet ouvrage farci d'anecdotes truculentes, révélant l’œuvre du cinéaste côté cuisine. Il saura ravir les cinéphiles comme les amoureux de bonne chère. Chaque film bénéficie en effet d’une fiche technique et d’informations détaillées. Du pâté de la mère Chaunier dans Le Beau Serge à la pintade au chou de Bellamy, les scènes où il est question de nourriture sont analysées plus finement. Et pour que vous ne râliez pas comme Charles Denner devant son hachis Parmentier dans Landru, ou comme Jean Yanne face à son ragoût de mouton dans Que la Bête Meure, il vous propose également 25 recettes de plats apparaissant dans les films.
Chabrol se met à table. Laurent Bourdon. Préface de Jean-Luc Petitrenaud. 192 pages. Editions Larousse. 2009. 17 €.
La coupe du monde de football est une bonne occasion pour s’intéresser au vin de l’Afrique du Sud, 8ème producteur mondial. La pression internationale destinée
à sanctionner ses dirigeants pour leur effroyable politique d’apartheid a longtemps restreint la distribution de ses vins hors de ses frontières. A ce jour, ils restent encore globalement peu
connus. A l’intérieur aussi, les changements prennent du temps : seize ans après la chute de l’apartheid, les domaines et les grands restaurants restent majoritairement aux mains des Blancs,
tandis que la main d’œuvre non qualifiée est surtout composée de personnes de couleur. Devant ce constat, les vignerons sud-africains ont formé quelques deux-milles serveurs de couleur à l’art de
marier vins et plats, dans l’espoir de profiter du Mondial pour faire découvrir aux étrangers la richesse des crus locaux. Pour financer le projet, les vignerons ont créé un alliage de rouges
nommé « Fundi » (« apprenti » en zoulou), permettant de générer les fonds nécessaires au projet. Une belle initiative qui, espérons-le, trouvera ses prolongements au-delà du dernier coup de
sifflet du Mondial.
Les livres dédiés spécifiquement au vin sud-africain sont, à ma connaissance, inexistants en français. Même Hugh Johnson ne leur consacre que quatre pages dans son Atlas mondial du vin. On trouve les données les plus complètes dans le premier tome des Vins du nouveau monde du québécois Jacques Orhon. Histoire, géographie, cépages, sélection de producteurs et très belles photographies : le livre est remarquable. On y apprend que la vigne est cultivée depuis les années 1650 en Afrique du Sud, tout d’abord par les colons hollandais. Mais c’est l’immigration de quelques centaines de Huguenots français, après la révocation de l'édit de Nantes, qui contribua au véritable essor de la viticulture. Celle-ci se concentre exclusivement dans un rayon de 200 km autour de Cape Town, seule région du pays à jouir d'un climat méditerranéen. Le niveau qualitatif général n’est cependant pas très élevé. Avec 102.000 ha plantés (l’équivalant de Bordeaux), soit 1,2% de la superficie mondiale, l'Afrique du Sud réalise 3,3% de la production mondiale, signe de rendements excessifs.
Les vins du Nouveau Monde : Tome 1, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande. Jacques Orhon. 424 pages. Les Editions de l'Homme. 2008. 29,95 €.
Mais cette appréciation globale assez mitigée ne doit pas masquer la grande qualité de certains producteurs, sur les près de 5.000 que compte le pays. Si le vin est devenu l’un des principaux produits d’exportation de l’Afrique du Sud, de nombreux vins parmi ses meilleurs ne sont pas vendus à l’étranger. Le meilleur moyen de les découvrir serait encore de se rendre sur place et de prendre la route des vins entre deux matchs, loin des vuvuzelas. Réédité récemment, ce Guide essentiel des vins sud-africains saura vous accompagner utilement. Il permet de comprendre le système de délimitation en vigueur au travers des spécificités des terroirs en question. C’est intéressant de lire à quel point cette notion de terroir prend de l’importance, alors que l’on ne s’attend pas forcément à la trouver autant valorisée dans des pays plus enclins à mettre les cépages en avant. Le guide fait bien entendu la part belle aux producteurs de qualité en expliquant leurs spécificités. Il comporte de nombreuses cartes (dont l’absence est un peu malheureuse dans le livre de Jacques Orhon) et donne même les positions GPS des domaines cités ainsi que des informations touristiques plus générales.
The Essential Guide to South African Wines: Terroir & Travel. Elmari Swart. 200 pages. Cheviot Publishing. 2009 (première édition : 2006). 29,95 $.
Benoît France : Grand Atlas des Vignobles de France.
On aime à parler de la variété des terroirs plus que de celle des cépages quand on évoque les vins de France. Pourtant, qui peut seulement se vanter de connaitre, si ce n’est toutes, au moins la plupart des appellations de notre pays ? Alors, que dire de ce qui est constitutifs de ces appellations, en fait leur richesse, leur spécificité, leur très grande diversité ? Je veux bien entendu parler des caractéristiques de leurs sols et sous-sols, de leur topographie, de leurs paysages, de leur climat. L'atlas de Benoît France (le bien nommé) est, à ma connaissance, le seul ouvrage qui explique de manière aussi fine les spécificités de chacune de nos appellations.
L’ouvrage s’adresse à un lectorat de passionnés, ceux qui veulent aller au-delà des grandes caractéristiques, de l’histoire ou des anecdotes de telle ou telle région. Mais même s’il peut parfois utiliser un langage de spécialiste (n’ayez crainte, un glossaire géologique vous initie à tous les termes techniques), il n’est absolument pas rébarbatif. Les très nombreuses cartes, coupes géologiques et représentations en trois dimensions l’illustrent de manière très agréable, offrant un support visuel et des points de repères pour les textes. Benoît France est en effet très connu par les lecteurs de la presse spécialisée pour ses cartes qui en illustrent souvent les articles.
Précision des cartes, précision du propos : plus de 4.000 communes viticoles figurent sur les cartes, de même que tous les grands châteaux bordelais et les climats bourguignons, dont vous n’ignorerez plus grand-chose. Les spécificités géologiques et climatiques sont complétées par des informations sur les cépages utilisés, les quantités produites et les caractéristiques des vins. Cet ouvrage que tout passionné se doit d’avoir dans sa bibliothèque nous rappelle également certaines réalités. A l’heure où de nombreuses voix voudraient que la France s’engouffre massivement dans la production de vins de marque et de cépage, à côté d’une minorité de producteurs haut-de-gamme, il nous rappelle à juste titre que c’est incontestablement la diversité de ses terroirs qui fait la grandeur du vin français. Une diversité qui va de paire avec une certaine complexité, constitutive de ce qui fait la richesse de la vie, mais qui n’est pas appréhendée de manière innée. Elle requiert initiation et éducation, ce à quoi contribue magistralement cet atlas.
Grand Atlas des Vignobles de France. Benoît France. 322 pages. Editions Solar. 2008 (première édition : 2002). 54 €.
La fête des pères approche à grands pas... Une occasion idéale de se faire offrir ce livre, disponible chez alapage.com :
La cinquième Université d'été Slow Food France se tiendra les 3 et 4 juillet prochains dans le cadre du Festival Les pieds sur Terre à Millau dans l'Aveyron.
Ces deux journées permettront un questionnement sur l’alimentation au quotidien, sur la recherche de la Haute Qualité Alimentaire pour tous, sur le bon, propre et juste. Manger autrement : quelle pratique alimentaire cela signifie ? Selon quelle éthique, avec quelle militance, et avec quels moyens pour la faire essaimer ?
Renseignements sur l'Université d'été : www.slowfood.fr/uniete2010
Et sur le Festival "Les pieds sur Terre" : www.millaulespiedssurterre.fr
Ce 26ème rendez-vous des vendredis du vin (oui, je sais, nous sommes dimanche, mais on ne va
pas se fâcher entre copains) est donc consacré aux vins de copains. Une notion éminemment subjective, puisque c’est bien sur ces critères que l’on choisit ses copains : « parce que
c’était lui, parce que c’était moi » disait Montaigne pour expliquer l’amitié. J’ai cherché en vain le terme dans le Dictionnaire de la langue du vin. Il y a bien le Petit
Lapaque des vins de copains, sur lequel je reviendrai très prochainement. Il y a également les Meilleurs vins de copains de Bettane et Desseauve, qui les définissent comme étant
délicieux et accessibles, avec un charme immédiat et une fraîcheur de constitution certaine.
Oui, ça ressemble assez à mes copains (dis-moi qui tu hantes …) et à l’idée que je me faisais de cette notion. Anne-Laurence, instigatrice de ce joli thème, abonde dans le même sens. Pour elle : « c'est le vin de soif, le vin gouleyant, le vin de plaisir, de partage, le vin convivial qu'on ouvre comme ça hop, à l'improviste, le vin qui convient aux initiés comme aux non-initiés, le vin qu'on boirait presque au goulot, le vin qui nous fait regretter, une fois la bouteille terminée, qu'il n'ait pas été en magnum ». Qu’à cela ne tienne, on en ouvrira une autre : le vin de copains, c’est comme les copains, ça marche au-moins par deux !
Ce sont donc deux bouteilles que j’ai partagées avec un copain à cette occasion. Choisies dans une appellation dont les vins répondent généralement bien à la définition ci-dessus : les Fiefs Vendéens. Le climat océanique y offre un ensoleillement idéal pour faire mûrir Gamay, Cabernet franc, Pinot noir, Négrette en rouge, Chenin, Chardonnay, Grolleau gris, Sauvignon et Melon en blanc. Les vins sont généralement fruités, souples, gouleyants, sans pour autant manquer de structure, bref des copains dont la compagnie m’est toujours agréable.
Et ces deux là ne nous ont pas déçus. Le domaine Saint-Nicolas se situe sur la commune de l'Ile d'Olonne, en bordure d'anciens marais salants du Pays des Olonnes. Thierry Michon y cultive la vigne en bio-dynamie depuis 15 ans. Cette cuvée Reflets, estampillée 2007 et issue de Pinot noir et de Cabernet franc, offre de très jolis arômes de fruits rouges, très légèrement caramélisés. Le vin est suave et concentré, grâce notamment à des rendements très faibles, de 20 hl/ha, très loin de la norme des 50 à 60 de l’appellation. Rendements limités, vendanges manuelles, démarche raisonnée, c'est également une approche qualitative et respectueuse de l’environnement qui prévaut au domaine Aloha. Samuel Mégnan, vigneron et surfeur, ambitionne avec cette cuvée Version Rouge, de nous offrir un vin sur le fruit, gourmand, facile à boire et souple. Pari réussi pour ce millésime 2007, issu de Pinot noir et de Gamay.
Les Fiefs Vendéens sont une appellation que je trouve assez méconnue, injustement comme le montrent ces deux belles bouteilles. On aurait cependant tort de la limiter à des vins de soif. Les domaines Saint-Nicolas et Aloha produisent par exemple des vins plus charpentés, taillés pour la garde.
Voir les blogs : du domaine Saint-Nicolas , du domaine Aloha .
Sylvia Malaguzzi : Boire et manger - Traditions et symboles.
La collection Guide des arts propose une collection sous-titrée Repères iconographique, qui permet d’explorer le traitement d’un thème au travers de l’histoire de l’art. Boire et manger figure en bonne place dans cette collection, tant les aliments et le rituel du repas font l’objet d’une très riche iconographie, non tant pour eux-mêmes mais pour toute la symbolique qu’ils recèlent. Car ce sont en tout premiers lieux les traditions bibliques puis mythologiques qui guident les artistes. Du pécher originel au repas des pèlerins d’Emmaüs, des noces de Cana à la Sainte Cène, de nombreux épisodes bibliques mettent en scène un aliment ou un banquet. La mythologie puis la philosophie ne sont pas en reste, avec par exemple le festin des dieux ou le banquet de Platon.

Des Noces de Cana de Véronèse aux soupes Campbell de Warhol.
Plusieurs centaines d’œuvres de plus de 200 artistes, des fresques étrusques aux toiles pop art d’Andy Warhol, sont reproduites et commentées ici. A travers eux se dévoile toute une symbolique parfois secrète de nombreux aliments : l’érotisme pour les mollusques, la connaissance pour les figues, la protection du mal pour l‘ail, …. Les allégories sont innombrables, il suffit de penser à la signification biblique de la pomme, du pain, du vin, du raisin, de l’agneau ou encore du poisson. Plus près de nous, l’absinthe va de pair avec la déchéance sociale, et les boites de soupe Campbell avec la société de consommation.
Au fil des âges apparaissent en effet de nouveaux produits, tels que la pomme de terre, le café ou le champagne. L’évolution des usages, en cuisine ou à table, se lit également au travers des scènes reproduites, qu’elles soient d’inspiration biblique ou plus contemporaines des artistes. De la table en tant que meuble à son ordonnancement, du commerce des aliments à leur préparation en cuisine, des grands banquets aux scènes les plus intimistes, … c’est l’histoire de l’humanité occidentale qui se dessine derrière l’imagerie du boire et du manger.

Boire et manger - Traditions et symboles. Sylvia Malaguzzi. 384 pages. Editions Hazan, collection Guide des arts. 2006. 27 €.
Les Vendredis du Vin, VDV pour les intimes, sont
repartis ! Remercions Iris (Domaine de Lisson) d’avoir pris l’initiative de relancer ce rendez-vous mensuel de partage entre
blogueurs, et Matthieu (Méchant raisin) d’en assurer la présidence. Les vins demi-secs sont à l’honneur ce mois. Ma première idée fut
de piocher dans mes Alsaces Vendanges Tardives. Mais, pris dans l’ambiance printanière que nous apportent enfin les premiers rayons de soleil, j’ai préféré m’orienter vers une bouteille moins
réputée. Un vin sans-façons qu’on ouvre spontanément quand un copain passe à l’heure de l’apéritif ou quand une copine vous apporte une tarte à la première rhubarbe du jardin. Un vin qui
s’accorde aux premières envies de déjeuners dans l’herbe, aux robes qui s’allègent et aux cœurs qui s’égaient.
Jeune vigneron récemment installé dans la nouvelle, mais ô combien historique AOC de l’Orléanais, Edouard Montigny exploite aussi une vigne classée en vin de pays du Val de Loire : le Domaine de Valogne. Impossible de taper à côté du thème de ce vendredi avec ce demi-sec 2007 issu de sauvignon gris, car c’est écrit dessus en toutes lettre : « demi-sec ». Sa couleur dorée est soutenue, tirant doucement vers l’ambre clair. Le nez est très agréable, mêlant les fleurs d’aubépines aux genêts, l’ensemble étant légèrement caramélisé. Des arômes d’amande, mais également des notes un peu vertes complètent cette palette en bouche. L’accord avec un bleu peu corsé (ici une fourme d’Ambert) est très réussi, ainsi que son flirt avec une tarte à la rhubarbe. Pas très long en bouche, mais agréablement rafraichissant, c’est un vin léger et délicatement parfumé, parfait pour saluer l’arrivée des fleurs de printemps.


Alors que les enjeux du réchauffement climatique sont clairement établis, Direct Energie projette la construction de deux
centrales électriques au gaz, sources d'importantes nuisances, notamment de gaz à effets de serre. Ces deux projets, qui ne sont pas destinés à remplacer des centrales thermiques au charbon, sont
fortement contestés, à Verberie dans l'Oise et à Hambach en Moselle.
Dans les deux cas, ils visent à s'installer sur des terrains vierges de
ce type d'équipement, au mépris de la population locale (conseils municipaux opposés, associations opposées, enquête publique avec avis négatif, pétitions, manifestations, ...) et avec des
arguments (chantage à l'emploi, à la taxe professionnelle, ...) qui ne tiennent pas la route.
Informez vous sur : le projet de Verberie ; le projet de Hambach.
Une pétition est également ouverte : lien vers la pétition.
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